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Paribhāṣenduśekhara

Nāgeśa

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurSanskrit: travaux pré-paninéens, école paninéenne [4321]
Auteur(s)

Nāgeśa

Variantes: Nāgojī Bhaṭṭa

Datation: Fin du 17e - début du 18e s.

Lettré sanskrit. Sans doute originaire du Mahārāṣṭra, il a reçu une éducation sanskrite à Vārāṇasī dans la plupart des disciplines traditionnelles, en particulier auprès de Hari Dīkṣita, petit-fils de Bhaṭṭoji Dīkṣita, dans le domaine de la grammaire. Il a été protégé par le rājā Rāma de l'Etat de Śṛṅgavera, qui a assuré son existence matérielle et lui a permis de se consacrer totalement à ses travaux intellectuels et ses devoirs religieux. Vers 1720, il aurait refusé une invitation du rājā Savai Jai Singh de Jaipur à participer à la célébration d'un sacrifice védique solennel, en invoquant un vœu de ne jamais quitter la ville sainte de Vārāṇasī. C'est là qu'il assura son enseignement, recueilli notamment par Bhairava Miśra et Vaidyanātha Pāyaguṇḍe, devenant le chef de file d'une école rénovée de grammaire à laquelle se rattachent les maîtres actuels de cette discipline. Son œuvre est immense et aborde les principales disciplines de la tradition sanskrite. Elle est commandée par sa maîtrise de la grammaire.

Titre de l'ouvrageParibhāṣenduśekhara
Titre traduitDiadème de la lune des métarègles
Titre courtParibhāṣenduśekhara
Remarques sur le titreLe dieu Śiva est appelé Induśekhara parce qu'il a la lune pour diadème; l'auteur dédie son ouvrage au dieu sur la base d'une métaphore de la métarègle et de la lune; la métarègle éclaire la grammaire, comme la lune éclaire le monde; cette lune est dédiée comme diadème à Śiva.
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageOn appelle paribhāṣā [métarègle] une formule qui sert à interpréter des formules opératoires ou qui enseigne des procédures d'utilisation de formules. Il y a une liste de telles métarègles annexée par une tradition ancienne à la grammaire de Pāṇini. Le Paribhāṣenduśekhara est un commentaire de cette liste.
Type indexéCommentaire grammatical
Édition originaleDate de composition: début du 18e s. Edition princeps: The Paribhāṣenduśekhara of Nāgojībhaṭṭa, édition et traduction anglaise par Franz Kielhorn, Bombay, 1874.
Édition utiliséeThe Paribhāṣenduśekhara of Nāgojībhaṭṭa, avec le commentaire Tattvādarśa de V. S. Abhyankar, édition critique par K.V. Abhyankar, suivie de la traduction anglaise de Franz Kielhorn, Poona, 1960.
Volumétrie2 vols; vol. 1: 46 et 206 pages, 1200 signes indiens par page; vol. 2: 25 et 537 pages, 2500 signes par page.
Nombre de signes43500
Reproduction moderneEdition critique par K.V. Abhyankar, 1960.
DiffusionNombreux manuscrits dans toutes les régions de l'Inde.
Langues ciblesSanskrit
MétalangueSanskrit
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageL'ouvrage commente une des listes les plus longues de paribhāṣā [métarègles], 122 au total. Le commentaire consiste en une argumentation visant à montrer la validité d'une paribhāṣā en prenant pour critère non seulement son utilité opératoire, mais aussi le fait qu'elle soit acceptée par Patañjali.
Objectif de l'auteurL'objectif de Nāgeśa est de revenir à la conscience linguistique de Patañjali, pour déterminer l'utilité d'une paribhāṣā de plusieurs points de vue. Une paribhāṣā est applicable aux formules de Pāṇini si elle est expressément formulée par lui ou, à défaut d'enseignement exprès, si elle est impliquée par un autre enseignement. Le raisonnement qui sert de base pour ce dernier cas est souvent le suivant. En principe Pāṇini n'a aucune formulation inutile. S'il existe deux thèses différentes et s'il apparaît qu'une formulation n'a pas de motivation dans le cadre d'une thèse et a une motivation dans l'autre, on en conclut que cette dernière est impliquée par la formulation autrement inutile. Cette formulation est appelée le jñāpaka ou "indice révélateur" de la dite thèse, dès lors consacrée comme paribhāṣā. La recherche des jñāpaka est un exercice intellectuel périlleux auquel se sont livrés les esprits les plus agiles parmi les lettrés sanskrits depuis Patañjali jusqu'au 18e s., ce qui a fait s'accroître progressivement la liste des paribhāṣā au cours des âges. Nāgeśa, dans le cadre de son retour à la conscience linguistique de Patañjali, a examiné la liste la plus longue: parmi les métarègles qui sont citées et éventuellement critiquées par Patañjali, il a proposé d'éliminer toutes celles qui n'étaient pas posées et acceptées par Patañjali lui-même et, parmi celles qui sont totalement ignorées par l'auteur antique, a éliminé celles dont l'effet est déductible d'autres interprétations dans le Mahābhāṣya, si bien qu'en définitive il n'accepte que ce qui est expressément enjoint par Patañjali, ou est impliqué par lui. La puissance intellectuelle de Nāgeśa lui a assuré le succès dans ce domaine particulièrement difficile.
Intérêt généralLe Paribhāṣenduśekhara est un ouvrage fondamental pour l'étude du maniement des formules opératoires de Pāṇini. Il y a une longue histoire de la mise au point des métarègles qui en régissent l'utilisation, histoire commençant avec Patañjali et Vyāḍi. Nāgeśa en est le terme. Par son érudition, il témoigne des principaux arguments avancés au cours des âges pour étayer les métarègles. Par sa maîtrise de l'argumentation et sa rigueur de raisonnement, il est intéressant pour l'histoire de la logique même, et, comme dans le cas de Vyāḍi, pour l'étude des limites de la formalisation pāninéenne.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.
Influence subieL'exercice de Nāgeśa repose sur son érudition très grande dans la matière. Bien qu'il ne cite aucun de ses prédecesseurs nommément, il semble en avoir connu un grand nombre, en reprend les idées et arguments avec un esprit critique très sévère.
Influence exercéeLe commentaire de Nāgeśa sur les paribhāṣā a éclipsé tous les autres, en dépit de leur grand nombre. Son propre commentaire a été à son tour l'objet de nombreux commentaires, tels que la Gadā du plus intelligent de ses disciples, Vaidyanātha Pāyaguṇḍe. On a l'impression que tous ces textes rivalisent de difficulté et de subtilité. C'est que la réflexion sur les paribhāṣā a été, et est encore aujourd'hui, un des sujets favoris dans les milieux de lettrés, leur servant à déployer toutes les ressources de l'érudition et de l'agilité intellectuelle.
Renvois bibliographiquesBoudon P. 1938
Rédacteur

Filliozat, Pierre-Sylvain

Création ou mise à jour2000